Hector Berlioz Les Nuits d’été
6 mélodies sur des poèmes de Théophile Gautier
Les "Nuits d’été" d’Hector Berlioz constituent un cycle de six mélodies composées entre 1838 et 1841, sur des poèmes de Théophile Gautier. Ces œuvres sont très représentatives du romantisme musical du 19ème siècle mettant en avant l’expression intense des sentiments personnels et la sensibilité et se permettant une grande liberté dans l’orchestration et la structure.
Les "Nuits d’été" sont composées à un moment de crise dans la vie amoureuse de Berlioz. Il a épousé l'actrice Harriet Smithson en 1833 et leur fils Louis est né l’année suivante. Le couple paraît heureux et très uni, mais, en réalité, Harriet connaît un déclin lent, mais inexorable et irréversible.
Chaque mélodie exprime des sentiments différents: Villanelle (bonheur de l’amour printanier, innocence, légèreté), Le spectre de la rose (amour, souvenir, la mort douce et mystérieuse), Sur les lagunes: Lamento (séparation, deuil, nostalgie), Absence (la séparation, l’attente douloureuse, l’espérance fragile), Au cimetière: Clair de lune (la mort, le fantastique, la peur de l’au-delà), L’île inconnue (voyage, rêve, espoir d’un amour éternel), et possède une identité propre, adaptée à l’émotion qu’elle veut transmettre, tout en conservant une unité d’ensemble par la cohérence de la palette sonore.
Cette musique est tellement portée à exprimer le texte qu’on pourrait la qualifier de musique littéraire. Elle montre ainsi que Berlioz est un aussi un compositeur de l’intime et un homme de la mélodie française.
Franz Liszt Paraphrase de concert de Rigoletto S.434
La Paraphrase de concert sur Rigoletto S.434 de Franz Liszt est une œuvre composée en 1859, et publiée en 1860. Elle s'inspire de l'opéra Rigoletto de Giuseppe Verdi, en particulier du grand quartette de l'acte III, « Bella figlia dell'amore », célèbre pour l’expression simultanée de différentes émotions par les personnages.
Liszt intervient de manière limitée sur la musique de Verdi, en ajoutant une introduction thématique, une conclusion spectaculaire, et de brèves cadences d'une extrême virtuosité aux points clés. La transcription pour piano impliquait toutefois une transposition des quatre voix, ce qui pose un défi de perception, résolu en transportant certaines phrases de Maddalena dans une tessiture aiguë qu’aucune voix ne pourrait normalement atteindre.
La paraphrase de concert sur Rigoletto de Liszt est une œuvre emblématique du romantisme pianistique, mêlant virtuosité, liberté créative et profonde expressivité, illustrant la capacité de Liszt à transformer une scène dramatique en une pièce de concert à la fois spectaculaire et profondément artistique.
Fréderic Chopin Valse ‘Minute’ op.64 n.1
Ecrite dans les années 1846-1847, c’est une des dernières valses publiées du vivant de Chopin. Brillante et volubile, elle est connue comme la « valse du petit chien », au motif qu’elle aurait été inspirée par l’observation d’un toutou tournoyant sur lui-même pour attraper sa queue. La «Minute» ne désigne pas la durée exacte de la pièce, mais plutôt sa nature miniature et délicate.
La valse suit une structure ternaires (ABA), typique des compositions de Chopin : A présente un thème principal léger, vif, et dansant, avec une mélodie fluide, B est une modulation vers la tonalité mineure relative, offrant un contraste plus calme et introspectif, C est une reprise légèrement modifiée dans la conclusion, où Chopin introduit une descente d’octaves.
La virtuosité et la rapidité de la pièce en font un défi technique pour le pianiste, tout en étant accessible à l’auditeur par sa légèreté et son charme. La pièce illustre l’esprit joyeux et brillant du romantisme, tout en étant une démonstration de maîtrise technique.
Jacques Offenbach
Les trois pièces qui suivent sont tirées de trois opéras bouffe de Jacques Offenbach sur des livrets d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, respectivement La Belle Hélène , inspirée du personnage d'Hélène, fille de Zeus et de Léda, épouse du roi de Sparte Ménélas, et amante de Pâris, fils du roi de Troie, La Grande-duchesse de Gérolstein (1867), satire de la vie sociale et militaire, La Périchole (1868), inspiré d'une comédie de Prosper Mérimée « Le Carrosse du Saint-Sacrement », où deux chanteurs ambulants, à Lima au 18ème siècle, se moque d’un vice-roi du Pérou, très machiste.
L’Invocation à Venus (La Belle Hélène) :
L'Invocation à Vénus" est un extrait de l'Acte II de l'opérette "La Belle Hélène". Dans cette scène, les personnages invoquent la déesse Vénus, symbole de l'amour et de la beauté, pour obtenir des faveurs ou des conseils. La chanson affiche un ton à la fois humoristique et satirique. Dans cette invocation, Hélène, reine de Sparte, demande à Vénus de lui accorder de l’amour dans un contexte où la société et la censure de l’époque imposent une certaine discrétion sur la sensualité. La demande est faite avec une certaine ironie, car la pièce parodie la société du Second Empire. La musique et le texte jouent sur les codes de la prière religieuse, mais avec une tonalité humoristique.
Ah que j’aime les militaires (La Grande Duchesse de Gerolstein)
"Ah! que j’aime les militaires" est un air de l’opéra-bouffe « La Grande-Duchesse de Gérolstein ». Cet air, chanté par le personnage de la Grande-duchesse, illustre à la fois la satire sociale ainsi que celle de l’armée et de la militarisation. La chanson, qui célèbre la vie militaire avec un ton de gaieté et de légèreté, reflète la fascination de la duchesse pour l’uniforme, la discipline et la bravoure, mais avec un ton ironique. La chanson peut être vue comme une satire de la société qui valorise la guerre pour ses aspects spectaculaires et honorifiques. Offenbach compose cet air avec une mélodie entraînante et légère, qui invite à la danse et à la fête.
Ah quel dîner (La Perichole).
La scène "Ah, quel dîner je viens de faire" est emblématique de l'acte I de l'opéra La Périchole. Ce morceau est interprété par le personnage de la Périchole, une chanteuse des rues. La chanson évoque de façon humoristique et exagérée le plaisir que cette dernière a ressenti lors d’un dîner, riche et copieux, qui contraste avec sa condition réelle d’artiste pauvre. Offenbach y utilise un style léger, avec des rythmes entraînants et des mélodies faciles à retenir, typiques de l’opéra bouffe, visant à divertir tout en soulignant le comique de la scène.
Maurice Ravel Cinq mélodies populaires grecques
Les Cinq mélodies populaires grecques de Maurice Ravel sont un recueil de chants traditionnels grecs - Chanson de la mariée - Là-bas, vers l'église - Quel galant m'est comparable - Chanson des cueilleuses de lentisques - Tout gai!, harmonisés par le compositeur entre 1904 et 1906. Ces mélodies, d'origine grecque, ont été recueillies sur l'île de Chio pour quatre d’entre elles et une en Épire, puis harmonisées par Ravel à Paris. La diversité rythmique est notable, avec des tempos allant du lent au modéré, et des motifs répétitifs qui évoquent la danse et la fête. Ces œuvres constituent une synthèse entre la tradition orale grecque et le langage musical occidental. Elles illustrent la capacité de Ravel à respecter l’authenticité folklorique tout en y intégrant sa palette harmonique et rythmique, créant ainsi une œuvre simple, expressive et profondément évocatrice de la culture grecque.
Le festival "Musique à Fontmorigny" est soutenu par le Département du Cher et la Région Centre. |
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